ROME – Deux semaines après le naufrage, les recherches se poursuivaient samedi dans l’épave du “Costa Concordia” qui a chaviré le 13 janvier près de l’île italienne de Giglio (nord-ouest), faisant 16 morts tandis que 16 personnes sont toujours portées disparues selon un bilan provisoire.
Selon Mario Giambalbo, un plongeur de la police, “la situation sous l’eau est différente dans les différents points du bateau. Certains endroits ne sont pas accessibles, ceux où le navire repose sur des rochers”, en équilibre sur des hauts-fonds à quelques dizaines de mètres du rivage du petit port de Giglio.
“La, les cabines ne sont pas accessibles, tandis que la majorité des autres cabines ont pu être ouvertes et dégagées des meubles, matelas” qui gênaient les accès des plongeurs. “On a pu vérifier s’il y avait des gens portés disparus. Dans la majorité des cas, le résultat était négatif. Dans d’autres, on a trouvé des corps”, a expliqué le plongeur.
Retrouver “quelqu’un vivant aujourd’hui relèverait du miracle”, a reconnu mercredi le directeur de la Protection civile italienne, Franco Gabrielli. “Mais comme personne ne veut renoncer à cette possibilité, nous continuons”, a-t-il ajouté.
Conjointement aux opérations de recherche menées par les plongeurs, les techniciens de l’entreprise de sauvetage maritime néerlandaise Smit préparaient le pompage du carburant -environ 2.200 tonnes- encore contenu dans les réservoirs du paquebot.
Le “Costa Concordia” effectuait une croisière en Méditerranée avec à bord quelque 4.200 passagers et membres d’équipage lorsqu’il a heurté un récif le 13 janvier, avant de prendre l’eau et de basculer sur le flanc droit.
La compagnie Costa Crociere, filiale italienne du croisiériste américain Carnival, a proposé vendredi 11.000 euros par passager à titre de dédommagement. Elle va également rembourser le voyage de tous les passagers, ainsi que leurs frais et éventuelles dépenses médicales.
L’accord a été annoncé au lendemain de négociations entre les représentants de Costa et de plusieurs associations de défense de consommateurs, disant représenter 3.206 passagers originaires de 61 pays, qui n’ont pas été physiquement blessés lors du naufrage.
Mais des passagers ont fait savoir qu’ils n’accepteraient pas cet accord, jugeant le dédommagement insuffisant vu l’ampleur du traumatisme psychologique subi. Et un membre d’équipage, Gary Lobaton, habitant au Pérou, a porté plainte en nom collectif vendredi devant un tribunal fédéral de Chicago contre Carnival et sa filiale italienne. Il les accuse de négligence, en soulignant les conditions chaotiques et dangereuses dans lesquelles se sont déroulées les opérations d’évacuation.
L’avocat allemand Hans Reinhardt, qui représente 15 passagers allemands rescapés et des familles ayant perdu des proches, déconseille quant à lui à ses clients d’accepter l’accord proposé par Costa Crociere.
Me Reinhardt précise s’être associé à l’action de Codacons, une des principales associations italiennes de défense des consommateurs. Codacons travaille avec deux cabinets d’avocats américains qui se préparent à lancer des poursuites en nom collectif contre Carnival et Costa, afin de demander entre 125.000 et un million d’euros par passager. “Ce qu’ils ont perdu vaut bien plus de 11.000 euros”, fait valoir l’avocat allemand.
Claudia Urru, qui se trouvait sur le “Costa Concordia” avec son mari et ses deux fils, a pris elle aussi un avocat. Cette habitante de Sardaigne dit ne pas pouvoir encore déterminer l’impact, financier ou autre, de la catastrophe. Si la famille a survécu, le traumatisme est bien là . L’aîné, âgé de 12 ans, voit un psychiatre, explique Claudia Urru. Il ne peut pas parler du naufrage, ni même en voir une seule image à la télévision.
“Il est terrorisé la nuit. Il ne peut pas aller tout seul dans la salle de bains. On dort tous ensemble, à part mon mari qui va dans une autre pièce parce qu’on ne peut pas tous rentrer dans le lit”, explique Claudia Urru.
Melissa Goduti, une Américaine de 28 ans, qui voyageait à bord du “Concordia” avec sa mère, confie de son côté ne plus pouvoir dormir. “Rien ne marche, pas même les médicaments”. Les médecins ont diagnostiqué un syndrome de stress post-traumatique. Et, souligne-t-elle, “ça ne va pas se régler en trois ou cinq séances” que Costa Crociere a accepté de payer. AP
ll/v0075
Recent Comments