ROME – Les recherches dans l’épave du “Costa Concordia”, dont le naufrage le 13 janvier près de l’île italienne de Giglio (nord-ouest) a fait 11 morts selon un dernier bilan provisoire, ont repris samedi matin après leur suspension la veille en raison d’un glissement de l’épave.
Selon un porte-parole des garde-côtes, Filipo Marini, le navire en équilibre sur une plate-forme rocheuse s’est stabilisé. Ceci a permis aux plongeurs de disposer de petites charges explosives sur des fenêtres de la partie submergée du bateau. “On les a fait sauter, ce qui ouvre de nouveaux passages vers les zones cruciales pour les recherches”, a ajouté le commandant Marini. Les sauveteurs espèrent y retrouver les 21 personnes encore portées disparues.
Le commandant du paquebot, Francesco Schettino, a de nouveau été mis en cause par le PDG de la société Costa Crociere propriétaire du navire, Pierluigi Foschi. Selon lui, le capitaine n’a pas fourni les informations correctes à la compagnie et à l’équipage après l’échouement sur des récifs, ouvrant une énorme voie d’eau. Le “Costa Concordia” a pris de la gîte puis a chaviré, basculant sur le flanc droit, totalement submergé.
D’après M. Foschi, interrogé vendredi par la télévision publique italienne, la compagnie a parlé au capitaine à 22h05 (21h05 gmt) le 13 janvier, environ 20 minutes après l’échouement. Aucune aide adéquate n’a pu être fournie car la description de la situation par le capitaine “ne correspondait pas à la vérité”, a expliqué le PDG. Francesco Schettino, a-t-il ajouté, a mentionné des “problèmes” à bord, mais n’a pas dit avoir heurté des récifs. Les membres d’équipage, a poursuivi le PDG n’ont pas non plus été informés de la gravité de la situation.
Arrêté par la police, Francesco Schettino a quitté mercredi la prison de Grosseto où il était incarcéré depuis le 14 janvier. Le juge en charge du dossier n’a pas suivi le parquet qui réclamait son maintien en détention. Le magistrat a cependant refusé de le remettre en liberté et l’a assigné à résidence. Il a regagné son domicile près de Naples.
Le capitaine âgé de 52 ans est soupçonné par la justice d’homicides involontaires, d’avoir provoqué le naufrage en s’écartant délibérément de sa route, s’approchant trop près des côtes, ainsi que d’abandon de poste -un délit passible à lui seul de 12 ans de prison. AP
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